Fenêtre ouverte, l’air est frais, le ciel de traine laisse voir une luminosité orangée, coincée entre les nuages et les maisons. L’air cingle mon visage, mais une clameur sans cesse me résonne : on imagine les mouettes autour de la criée, cela piaille, cela piaffe d’impatience, des poissons abandonnées, des crustacés jetés, des coquillages dérobés. Les cieux s’ouvrent peu à peu, les nuages disparaissent, le jaune prédomine, les cris se font loin. Un avion couvre le bruit un instant puis le silence lui succède. La journée s’éveille … et s’ouvre à vous.
Un petit chemin empierré et arboré qui découvre en son bas une digue de la laïta, une marée basse qui laisse reposer un instant les bateaux, le soleil se reflète dans les mats, l’air est frais, un vent doux … Nous nous engouffrons sur la digue, nos pieds laissent une empreinte encore fraiche, un fier cheval blanc nous suit, nous regarde, incrédule et majestueux. La progression est lente mais au détour du rocher, l’estuaire de guidel apparait, la foule du 15 août nous assaille, on s’avance un moment puis submergé, nous faisons demi-tour. Nous nous posons las, notre regard hagard se pose sur cette demeure de pierres et de fenêtres qui fait face à la mer. Un instant encore plus tard, nous repartirons. Les signes de la marée montante nous suivent, mes pieds sont trempés.
Larmor -Plage
Guidel - Plage
Shandong China
Napoli per sempre J'ai la baie de Naples sous les yeux, c'est sale, montagneux et attirant. Une colline l'entoure, des vieux bâtiments, des gros paquebots ... Des pins parasols, un accent chantant pas inconnu. Mes pas foulent les pavés, l'odeur est de partout, les lumières sont ternies par des nuages bas. Au loin les colonnes de la place plebiscite , je manque de me faire écraser, je me pose tout à coté dans un restaurant où au loin on voit cette baie attirante. Je réfléchis à une nouvelle sur francesca ma vieille italienne, je l'ai en tête, je l'écrirai à mon retour à l'hôtel. Je me fonds dans la douceur de la terrasse, me débrouille pour ne pas dénoter dans la langue du pays qui m'accueille ce jour, je ferme les yeux, la vie coule.... Qu'elle ne s'arrète pas !
Festival Interceltique de Lorient
La bière coule, la musique saoule Le rythme de la cornemuse résonne Les filles sont toutes blondes Elles chantent, sautent et hurlent Douce nuit à Lorient Les hommes habillés de rayés suivent ... Ce soir tout est enivrant J'ai senti l'envie de fumer De m'enivrer jusqu'à suivre une fille De me raser la tête et me faire pousser un bouc Ce soir je me sens celte, vivant et aimant J'ai bu à en perdre mes repères L'ivresse m'a fait danser L'heure tardive était attrayante Le bignou ne sort de ma tête Il me fait pousser mon désir de vivre Ce soir ma belle bretonne me chantonne Et tout semble irréel Que la nuit ne cesse, que le jour n'apparaisse pas. Encore une danse, encore un verre...
Un brouillard qui cache les collines Des vallées sans impasses Des maisons accrochées aux thés Des sommets qui s'articulent Une végétation haute assez rare L'autoroute qui serpente au milieu Une voie sans fin et sans limite Mon cœur qui s'ouvre a cette contrée Mes yeux tentent d'y déceler une âme Des personnes qui se cachent et qui n'apparaissent pas La pluie reprend et arrose l'espoir Les tunnels rythment notre avancée Le loin n'est que devant nous …. Mon cœur bat, je ne sais pas si je dois hurler, me calmer ou me refugier. Le bus nous a frappe de cote et notre voiture telle une toupie s'est encastrée dans le rail. Une route détrempée, obscure perdue, une pluie incessante une visibilité inexistante un brouillard monstrueux et ma vie a bascule. Je saigne je sens le sang j'ai la rage de résister de continuer mes chemins d'accompagner mes petits. Je voudrais sentir encore une dernière fois l'amour me blottir contre elle finir en elle Mes tempes me font mal mon corps ne se calme pas J'ai déroulé ma vie en quelques instants et ai vu ses zones d'ombres mes absences et mes errances Je m'accroche que des corps et de la tôle autour de moi Je veux revoir une fois ma montagne sentir les résineux et la fraicheur des flocons J'entends hurler prés de moi des pleurs des cris et des sonorités qui ne sont pas miennes J’espère aura plus de bien que de mal dans mon existence, je ne suis plus sur de rien a ce moment la. Un visage que je ne connais pas est en face de moi, ses mots je ne les comprends pas, ses traits ont l'air inquiet. Je sens l'eau pénétrante mêlée de mon sang, je vais mourir, je le sais maintenant Juste accordez-moi quelques jours pour que je les revois tous ! C'est trop tard, une agitation autour de moi, je suis couché, mes yeux se ferment, je vois mes trois garçons se pencher sur moi, mon amour me tenir la main. J'ai perdu ma guerre, je ne pleure plus, ils sont la et m'accompagne dans mon dernier voyage. Il n'y en aura plus, ce n'est pas grave, ils sont la ...
La vie reprend La voiture roule L'aeroport m'attend Le sud me tend les bras Avec sa chaleur Sa moiteur Shanghai en transition Partir seul Affrronter sans soutien Aimer sans relache Prendre tout a bras le corps Sentir d'etre desire Ou d'etre observe Sans rien montrer Juste avancer Pas a pas Sur son propre chemin Parfois envoutant Souvent a embuches Mais grisant Un jour mes tempes seront grises Yeye aura remplace mon nom Ma foi sera intact Elaguer mon sentier Lecher le sel sur ses levres Entendre son coeur Savoir regarder Et partager
Italie, tu nous as reçus avec la chaleur qui fait ta notoriété en Europe. De ces hautes montagnes que tu partages avec la France, nous avons surgis avec l’impatience d’un jeune marié pour te découvrir resplendissante et accueillante. Le soleil ne semblait briller que pour toi, belle Italie, t’offrant l’exclusivité des rayons qu’il voilait aux autres, évidemment, en cette magnifique journée. Avec ce complice de choix, tu nous as immédiatement émerveillés. La route empruntée nous a permis de découvrir les dessins que la culture des nobles vignes a tracés sur tes flancs. Ces beaux coteaux verdoyants nous semblaient être un signe que les montagnes t’avaient aussi généreusement offert les faveurs de leur eau. Nous avons traversé de pittoresques petits villages aux rues étroites, pavées, comme sorties du souvenir d’un autre temps, celui où il était permis de s’octroyer le temps de vivre. A l’ombre de ces habitations en pierre et toit de lauze, les autochtones, devant leurs petites échoppes de produits locaux, parlaient avec animation, à grand renforts de gestes. Des enfants couraient librement dans ces dédales de ruelles dédiées aux piétons. Tout semblait chanter la joie de vivre. Si le détail des paroles nous échappait, nous avions compris l’invitation à la Dolce vita… Cette douceur, tu nous l’as offerte et nous l’avons accepté de bon cœur, sans aucune résistance. Un séjour pendant lequel ta générosité, ta chaleur et ta tranquillité nous ont fait redécouvrir la sensualité de nos jeunesses. Italia nostra, tu nous reverras.
Nous roulons dans une plaine sans horizon délimitée uniquement par la pluie et les nuages, des rizières et des champs dont sortent des cultures quelques tètes qui auscultent et font vivre ces cultures. Par là et par ailleurs, un chinois pousse un vélo, un viel homme porte en équilibre d'un bois sur son épaule 2 bidons, un autre marche le long de l'autoroute un ballot d'un blé précieux. La campagne a un coté merveilleux de sérénité, on scrute les villages que l'on ne voit pas, la vie quotidienne qui paraît être ailleurs. Confucius nous attend, il nous trace sa route avec apaisement pour que la rencontre soit dénuée de toute pollution.
Dans tous mes pas, j’ai trouvé mes souffrances, j’ai aimé mon courage, j’ai haï ma lacheté Dans toutes mes foulées, il y a avait mon histoire et le chemin que j’espérais Dans ma sueur, j’ai aimé l’effort que mon corps consentait Dans ces montagnes, j’aimais les voir dérouler, les parcourir Je me sentais immensément petit mais immensément privilégié La nuit elles m’obsèdent parfois, me fait front mais mon énergie me dit que je les grimperais Avec respect à la montée et avec fierté à la descente Dans tous mes pas, il y a la vie et chaque pas n’est qu’une partie de mon histoire
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